Aux Etats-Unis, la vie est plutôt tranquille...Loin, très loin de Pékin, ailleurs des Phelps et Bolt, distant de la pollution, de l'humidité, éloigné des médailles et des stars olympiques, mais à quelques pas de Nadal, Federer veut (re)dorer sa saison et ce avec un premier titre en grand chelem dans les rue de New York. Effacer les désillusion des tournois préparatifs à l'US Open et surtout oublier le tournoi simple des JO et son bourreau Blake, tel est l'objectif de Federer.
Si les théâtres Américains ont toujours un grand succès et ne peuvent pas accueillir tout ceux qui souhaiteraient s'y rendre, il faudrait alors donner à ces gens l'adresse de Flushing Meadows, lieu ou le tennis est un pur théâtre cette année. Un tableau toujours aussi complet, que ce soit du côté féminin et masculin avec des acteurs muets sur la scène mais qui ont tous un but unique, un public qui applaudit et qui mange comme bon lui semble, plusieurs actes et un lieu qui n'est autre qu'un grand rectangle cerné par un metteur en scène sur sa grande chaise qui donne les ordres et plusieurs gardes qui s'occupent des moindres détails présent derrière au bord des terrains. On n'oubliera pas les 320 acteurs principaux qui se renvoient la balle sur le terrain.
A l'issu de la première semaine, le théâtre plein air de New York a connu ses première surprises, ses premières déceptions, certaines confirmations, des vérités, bref de tout.
Honneur aux filles, où le spectacle est sans aucun doute exceptionnel. Ana Ivanovic, numéro une mondiale allie surprise et déception. Ce n'était en effet pas "son" US Open et il n'aura pas fallu attendre le début de la deuxième semaine pour le constater mais le deuxième tour...Elle s'appelle Julie Coin et elle en a bouché un coin à tout le monde après avoir sorti de sa route la jolie serbe en trois sets. Le temps semble long et sombre pour Ivanovic depuis qu'elle a quitté la terre Parisienne, terre de son succès. Pour ce qui est de Coin, elle s'arrêtera au troisième tour, logiquement après tout, face à Mauresmo qui monte véritablement en puissance au fil des tours...reste maintenant à passer l'obstacle Pennetta. Heureusement, quand une serbe s'envole, une autre reste à terre, Jankovic. Et pourtant tout n'est pas rose pour la numéro deux mondiale qui après un premier tour tranquille, bataille, sue et ramène des points improbables. Un peu à la Nadal elle se la joue la Jankovic. Après des succès sur le sangsue Zheng et Wozniacki la voila en quart face à l'autrichienne Bammer qui pourra elle compter sur un très bon physique pour inquiéter Jankovic après avoir écarté Bartoli, lâchée par son physique et sa blessure au dos lors du troisième set en huitième. Autre surprise tout aussi bonne que la performance de Coin, c'est Brémond qui jouera pour une place en quart, elle qui reste en vie au côté de Mauresmo dans ce tournoi. Vaidisova qui a été la plus grosse victime pour l'instant écartée par Bremond (7/6 6/3). Autre et dernière francaise en vue dans ce tournoi c'est Cornet qui s'incline contre la puissante Allemande Groenfeld au troisième tour (6/4 7/5). Pour ce qui est des confirmations, on pourra faire allusion aux soeur Williams qui font parler leur puissance depuis le début de cette quinzaine mais avantage Serena tout de même, plus expéditive que sa soeur. Safina tient également très bien son rang, tout comme Dementieva qui confirme sa victoire à Pékin avec un tennis très propre.
Le spectacle masculin tient lui aussi toutes ses promesses et les meilleurs sont au rendez-vous. Federer tient bien la route et sa victoire sur Stephanek en trois sets sec (6/3 6/3 6/2) est pleine de promesses. Nadal est encore et toujours l'homme en forme et malgré un premier tour difficile mais bien négocié, on retrouve l'incontestable monté en puissance accompagnée d'un gain de confiance énorme. Pour le troisième homme Djokovic, il avance sans faire trop de bruit tout comme Davydenko. Bref vous l'aurez compris, rien d'alarmant pour les premiers de la classe. Côté Américain, c'est assez mitigé mais on retrouve les gros produits de la doctrine tennistique Américaine, à savoir Fish, Roddick et Querrrey, c'est-à-dire les gros coups droits et les gros services. Le plus complet d'entre eux, Blake, manque à l'appel, pêché froidement par Fish. Pour les surprises de la scène, on retrouve Nishikori et Muller. Pour le premier, il aura coupé l'élan à la mobylette Ferrer et le second sera sorti par deux fois victorieux d'un match en 5 sets face à Tommy Haas et Nicolas Almagro. Côté Français, le roi Richard n'a laissé aucune trace et cela dû à Tommy Haas. Un coup droit crispé, des sauts d'orgueils irréguliers ont fait faillir Gasquet dans ce long match en 5 sets. Pour Paul-Henry Mathieu, ce n'est pas mieux. Certains doivent encore se demander comment avec sa qualité de frappe et son physique, il n'est pas venu à bout de Mardy Fish lors du deuxième tour (6/2 3/6 6/3 6/4)...Et dire qu'il se demande encore comment il a réussi à empocher le second set...Pour Tsonga et Simon le parcours New-Yorkais s'arrête en huitième de finale et ce n'est pas si mal. Pour le finaliste de l'Open d'Australie, il n'y a cette fois pas eu de miracles, la faute d'un Robredo qui a retrouvé des couleurs et pour Simon, Del Potro n'était pas loin (6/4 6/7 6/1 3/6 6/3)...L'Argentin continue de frapper et semble ne pas en avoir assez. Assurément un futur grand. Heureusement, le théâtre c'est aussi Monfils qui sait très bien le faire, sans ne jouer qu'au tennis : un petite danse à la fin du match, des sauts, des chutes, des grands écarts...Si Nalbandian ne se reposait pas autant sur son talent et faisait du tennis l'une de ses priorités, il n'aurait sans douté pas été si pressé de rentrer comme en témoigne son match face à Monfils. Une défaite en trois sets (6/3 6/4 6/2) et un match qu'il aurait préféré remplacer par un rallye...
New York attend désormais son dénouement....Nadal, Federer, Djokovic, Del Potro rêvent Amérique.